Portrait d'assistant : Yann Lemeux

Portrait d'assistant : Yann Lemeux

« C'est, entre autres, pour l'avenir des jeunes hommes pour qui il n'est toujours pas évident de choisir notre métier plutôt qu'un autre (...) que je m'engage pour que notre profession soit considérée comme elle est : remplie d'opportunités, porteuse d'emplois et de compétences et ouverte aux hommes comme aux femmes ».

Yann Lemeux est Assistant Développement, Il a assisté le Directeur Général d'un grand groupe industriel et travaillé pour un Gouvernement. Il est Membre de la FFMAS

Evolution & Potraits métier : un article www.kalligo.com

Les hommes aussi sont de bons assistants de direction

Les hommes assistants sont dans la place ! Ils représentent 3% de la profession des métiers de l'assistanat et leur nombre croît petit à petit. Voici le témoignage passionnant et surtout passionné de Yann Lemeux, Assistant Développement Prologis et membre de la FFMAS.

Être un homme dans la filière de l'assistanat et du secrétariat n'est pas un handicap. Même s'il faut relever qu'il existe encore aujourd'hui des discriminations à l'embauche de la part de certains recruteurs et managers. Ces derniers voient d'un mauvais œil l'arrivée d'un concurrent masculin qui, de par son genre, pourrait s'avérer ne pas être un simple exécutant. Heureusement,les mentalités sont en train d'évoluer.

Un homme assistant, souvent, se place en position de co-équipier, de collaborateur, au sein d'une équipe de travail. Il pense collectif et joue son rôle d'accompagnement de sa "team" vers le "but" à atteindre. Il partage avec son équipe la culture du "challenge". Il joue sur le terrain et non plus sur le banc de touche. Généralement, un homme assistant est très impliqué et exigeant avec lui-même du fait de sa place dans une profession ordinairement réservée aux femmes. Il se doit, inconsciemment, de faire la preuve de ses compétences et de sa valeur.

Parfois, on me demande si je suis capable, comme les femmes, de faire plusieurs choses en même temps. Je réponds que, tout comme ses consœurs, un assistant homme est organisé, il anticipe, gère et priorise son travail. En cela, il n'y a aucune différence. Ce sont le professionnalisme et les compétences qui nous rapprochent.

Pourtant, de nombreux jeunes hommes en quête d'orientation, de nombreux parents et enseignants hésitent encore à se tourner vers la filière Gestion et Administration dont l'assistanat de manager est une des voies.

> « Tu seras assistant mon fils... »

Aux parents et aux enseignants qui ont un rôle essentiel à jouer dans l'orientation des plus jeunes je dis que notre métier a beaucoup évolué. Un assistant est aujourd'hui proactif, il est un expert, il travaille avec une équipe, il est un véritable collaborateur et ce métier donne toutes leurs chances aux jeunes pour leur évolution et leur avenir dans une entreprise. De très belles carrières sont possibles et si l'on s'en donne la peine, les salaires peuvent être plus que corrects. Ces métiers offrent encore de nombreuses opportunités d'emplois dans un monde plombé par le chômage endémique des jeunes.

> « Maman, je serai l'assistant du futur, mon métier sera à mon image ! »

Cette profession n'est pas féminine et ne l'a été jamais été.

Pour commencer, un peu d'Histoire : les premiers assistants (ou secrétaires) étaient des hommes, les scribes, les secrétaires de Pharaon, ils ont été les pionniers et les développeurs de l'écriture. Ils étaient considérés comme des gens importants et traités comme tels. Plus tard, au 19ème siècle, les secrétaires étaient toujours des hommes. Certaines femmes de la bourgeoisie se sont émancipées par ce biais.
La première guerre mondiale est arrivée et les hommes ont été mobilisés sur le front. Il ne restait que les femmes. Pourtant la production de communications pour le front et la surproduction administrative demandaient un effort considérable : on a donc fait appel aux femmes qui ont su s'approprier les outils modernes tels que le télégraphe et la machine à écrire. Par la suite cette profession a été exercée par des femmes ; les hommes avaient « loupé » le train technologique.
Pendant les trente glorieuses, des générations de femmes ont été formées, souvent contre leur choix, àdevenir de bonnes dactylos, sténographes et secrétaires. La production administrative de plus en plus en plus accrue l'exigeait. Cette profession a été, pendant ces années, traitée à l'égal des femmes dans la société : soumission, machisme et fourneaux : « sois belle et tais-toi ».

C'est cette image fausse qui colle à la peau de nos métiers. Mais, aujourd'hui, les hommes y reviennent et plus ils seront nombreux, plus cette image désuète s'en ira. On considère aujourd'hui qu'ils sont environ 3 % dans les métiers de l'assistanat et du secrétariat. À vous messieurs de ne pas rater le train cette fois-ci et de faire preuve de cette audace soi-disant si typiquement masculine ! Osez devenir les assistants de demain !

> Ma carrière d'assistant pas comme les autres

Dans ma carrière, ma différence n'a pas été un obstacle mais plutôt un atout.

Mon métier est venu à moi au hasard d'une rencontre à Prague avec l'Agent du Gouvernement Tchèque devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui avait besoin d'une assistance rédactionnelle et linguistique en français et en anglais dans la défense de son gouvernement. J'ai donc exercé sans en être bien conscient ma première fonction d'assistant pendant plus de 3 ans.

Par la suite, je suis rentré en France et il m'a fallu me rendre à l'évidence : pas de diplôme, pas de job. J'ai donc eu de nombreuses expériences dans un tout autre secteur. Venu le temps du bilan, j'ai fait la liste de mes aptitudes et de mes centres d'intérêts. Je voulais exercer un métier relationnel, de communication, travailler en équipe, sur un poste qui requiert réactivité, analyse et investissement personnel, proche des centres de décision et surtout, je voulais continuer à travailler dans un contexte international. J'ai fait l'addition de ces critères et un métier correspondait à ma recherche : Assistant de Direction Bilingue.

J'ai donc suivi une formation professionnalisante par l'AFPA et obtenu un diplôme. J'ai eu une formatrice exceptionnelle qui a su me transmettre un très haut niveau d'exigence, une haute idée de ma profession, semer en moi les graines de la proactivité et m'ouvrir les yeux sur l'importance des réseaux dans nos métiers. J'ai rencontré dans ce parcours d'autres femmes qui m'ont transmis elle aussi ce haut niveau d'exigence et qui ont été de parfaites ambassadrices de la profession.

Très vite, à l'issue de cette formation, j'ai eu l'immense chance d'être repéré et recruté par Daniel Soury-Lavergne, alors Directeur Général ArcelorMittal France. J'ai travaillé à ses côtés deux années. Je dois beaucoup à son talent de révélateur de talents et il connaît toute ma reconnaissance. J'ai donc été, sorti de formation, propulsé à un poste de haut niveau avec des responsabilités et des enjeux que je n'imaginais même pas. J'avais souvent l'impression, à ce poste, d'être un pilote de formule 1, de négocier chaque virage à 300 km à l'heure. J'ai appris à ne surtout jamais stresser et réagir en toute circonstance en professionnel.

Par la suite, j'ai changé d'entreprise et j'ai été recruté par le groupe américain d'immobilier pour la logistique « Prologis » pour lequel je travaille actuellement. J'assiste une équipe de commerciaux et de développeurs. J'y ai très vite trouvé ma place et là encore je n'ai eu aucune remarque sur ma différence.J'ai été très bien accueilli et accepté tel que je suis : un assistant pas comme les autres, très investi, préoccupé par son métier et les succès de son équipe. J'ai la chance de pouvoir travailler en totale autonomie et d'être force de proposition. J'adore mon travail en équipe et j'ai tous les jours de nouveaux défis à relever.

> Mon engagement pour ma profession

C'est, entre autres, pour l'avenir des jeunes hommes pour qui il n'est pas évident de choisir notre métier plutôt qu'un autre et pour apporter un éclairage aux parents et enseignants que je m'engage pour que notre profession soit considérée comme elle est : remplie d'opportunités, porteuse d'emplois et d'expertise et ouverte aux hommes comme aux femmes.

J'ai rejoint la Fédération des Métiers de l'Assistanat et du Secrétariat et je m'investis dans de nombreux chantiers de valorisation de nos métiers. J'y ai accès à un très haut niveau d'expertise, de réflexion et d'action pour faire évoluer les choses.

Messieurs, je vous invite à sortir du bois, à vous montrer et à nous rejoindre pour porter avec nous plus haut nos métiers : rejoignez la FFMAS ! L'avenir ne se fera pas sans vous...

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Kalligo

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Rédigé par Fédération Française des Métiers de l'Assistanat et du Secrétariat

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